C'est par l'Allemagne que l'American Staff est arrivé en France, en toute discrétion. Reconnu par la Fédération Cynologie Internationale(FCI) en 1972, sa première apparition en exposition remonte à 1984, au championnat de France des chiens de race organisé à Nantes (élevage Von Sima Camp). Il faudra attendre trois années plus tard pour que le LOF (Livre des Origines Français) accueille sa première inscription. C'est en 1988 que naît la première portée sur notre sol et l'on recense alors cinq chiots. Rapidement, les effectifs de l'Amstaff vont croître : en 1989, on passe à 43 inscriptions, puis 49 l'année suivante. A partir de 1991, les choses vont vraiment s'accélérer avec 86 inscriptions... en 2001, on atteint les 3486 puis 4049 en 2002 et 5161 en 2003.
Au départ, l'Amstaff est resté confidentiel. Mais on commence à parler sérieusement à la fin des années 90 en France des chiens dits dangereux et du Pit Bull. Des images nous parviennent des Etats-Unis. Tout de suite l'amalgame est fait et le polémique s'enclenche.
L'effet "mode" arrive par là-dessus. L'insécurité croissante a poussé certains maîtres à s'orienter vers des chiens de garde qui de plus présentent une mine patibulaire, dissuasive. D'autres sont séduits par le Look de ce chien et vont jusqu'à s'en "servir" de faire-valoir. Enfin, il y a la petite délinquance qui voit en lui une sorte d'arme dissuasive. Noyé au milieu de tout cela, il y a bien entendu les maîtres qui, eux aussi attirés par son Look, trouvent en ce chien le compagnon idéal, bon compromis entre le chien de famille protecteur, sportif, fidèle et joueur.
Comme toute race jeune, le cheptel de l'American Staff n'est pas au départ homogène même s'il existe des sujets de qualité. Les points de non-confirmation ne sont pas vraiment tout à fait respectés en expositions canines. La France aura donc du mal dans un premier temps à produire des champions internationaux. Une polémique s'engage rapidement sur la question de la taille. Aux Etats-Unis, une taille plus grande est préférée et les chiens dépassent allégrement les 50cm au garrot. Le standard américain ne donnant pas de limite, cela ouvre la porte a certains excès. En France, le standard impose une taille de 45,72cm à 48,26cm chez le mâle et de 43,18cm à 45,72cm chez la femelle. Les premiers sujets venant d'Allemagne étaient pour leur part bizarrement plus petits que la normale et ils n'étaient d'ailleurs pas rare qu'ils soient parfois confondus avec leur ancêtre, le Staffordhire Bull Terrier. La demande allant grandissant, on ne peut éviter en France non plus l'intérêt que portent les marchands de chiens sans scrupule à l'Amstaff. Cela ne joue pas en faveur de sa réputation, car on voit alors apparaître des chiens hors standard et au tempérament qui n'a rien à voir avec un Amstaff digne de ce nom. Certes il ne doit pas manquer de caractère, c'est un point important, mais l'Amstaff doit être avant toute chose un chien stable, équilibré, même s'il ignore la peur et qu'il est dominant par atavisme, c'est à dire de façon tout à fait naturelle. Comme nous avons pu le constater aujourd'hui chez des races comme le Bouledogue Français, par exemple, la demande du public conduit malheureusement de plus en plus à l'hypertype. Les muscles masticateurs de l'Amstaff sont hyper développés. Qu'importe! On en veut encore plus, toujours plus, pour renforcer l'image dissuasive qu'il dégage. C'est ainsi que sont apparus des chiens aux muscles masticateurs de plus en plus développés, ce qui ne s'inscrit pas dans le standard de la race tel qu'il est édicté. On remarquera aussi que le standard accepte dés le départ les oreilles coupées ou portées naturelles (celles-ci sont d'ailleurs préférées). Pour autant, ce n'est pas non plus ces dernières que le public cherche en priorité.